MADAME MONIQUE
Pas le droit de parler
À peine celui d'rêver.
Moi sur mon banc d'école
J'implorais la rougeole.
Dans la salle de torture,
Qu'elle appelait sa classe,
J'ai appris les blessures
Qui ne laissent pas de traces.
"Silence dans les rangs
Bandes de chenapans,
Ou je vous envois
Chez Monsieur Langlois !"
Une main de fer
Dans un gant de fer,
Madame Monique
L'instit tyrannique,
N'avait de velours
Qu'un vieil abat-jour !
Dieu qu'les cours semblaient long
À maudire son chignon.
Sa rigueur militaire
Me donnait des ulcères.
Dés qu'elle tournait le dos,
Sur le bois du bureau,
De mon air désinvolte
Je gravais ma révolte.
"Vous pensez peut-être
Que je n'vous vois pas ?
Allez disparaître
Chez Monsieur Langlois !"
Une main de fer
Dans un gant de fer,
Madame Monique
L'instit tyrannique,
N'avait de velours
Qu'un vieil abat-jour !
Je garderai longtemps
Le souvenir du jour
Où j'ai quitté fringant
Son vieux corps en saignant…
Pennautier / Carcassonne le 15 mars 2006
Paroles : Luc Tallieu
Musique : Michel Rousset